Des questions ethnologiques

transverses

Quelle possible intégration des marionnettes géantes sur une terre de masques traditionnels ?
Malgré l’implantation des cultures religieuses coloniales diverses, les coutumes ancestrales restent très présentes au Burkina Faso, on consulte les fétiches, on assiste aux sorties de masques, etc. Ceci tout particulièrement à Boromo, terre sacrée des forgerons-sculpteurs de masques.
En Afrique la marionnette est souvent assimilée à ce qu’on pourrait appeler une sculpture habitée, autrement dit un masque animé. Or les Grandes Personnes de Boromo se trouvent a priori plus proches de géants, de marionnettes que des masques et donc d’un art profane.
C’est d’ailleurs par respect pour l’art des masques que les Grandes Personnes n’utilisent pas les codes visibles de ces derniers (refus des couleurs rouge, noir et blanc et marionnettes très réalistes). Mais les sculpteurs-forgerons traditionnels sont partie prenante de la création de la compagnie et de la fabrication de chaque marionnette.
Quelle influence réciproque ?
Quelle transmission, quelle formation ?


 

Quel impact social de cette activité artistique ?
Pour les petites personnes, est-ce un métier, une occupation, une passion, une économie parallèle ?
Les Grandes Personnes de Boromo paradent dans de grandes capitales autant que dans des villages, créent avec des compagnies européennes amies, jouent pour 10 ou pour 1000 personnes, participent à des tournées internationales. Elles sont devenues incontournables pour fêter les grands évènements du pays en présence du Président du Burkina Faso (récemment inauguration du Pont de Boromo et du nouvel échangeur de Ouagadougou) et les grands évènements de communication locales.  

Quelle économie ? Quelle indépendance artistique, entre des programmateurs africains, européens et des bailleurs commerciaux ?
Quels impacts sur le quotidien des artistes, de leurs familles, leurs communautés mais aussi sur la ville ou encore le pays ?

Quelles similitudes, quelles différences entre les marionnettes et les masques ?
Dans la construction, le rapport à la musique, la manipulation, les costumes, les marionnettes sont habitées, on parle de « sortie de masques » comme on parle de « sortie de marionnettes ».
Les marionnettes, tout comme les masques, dans leur rapport à l’espace public ont des effets semblables sur les habitants/spectateurs : le rassemblement, faire évènement, jouer avec les peurs, les frayeurs, questionner implicitement ou non le rapport à la vie, à la mort, avec cependant pour les marionnettes comme premier objectif le divertissement et l’amusement.


Aussi, quelle place pour ces marionnettes dans la communauté, dans leur vie et dans la vie des habitants ?

 

© EN BONNE COMPAGNIE - Chez Les Grandes Personnes de Boromo - enbonnecompagnie.ledoc@gmail.com